L'avidité et la cupidité

Les sept poisons

Dans “le sursaut”, mes neuf personnages identifient les “sept poisons de la nature humaine” pour expliquer les grandes turpitudes humaines de l’histoire : la cupidité et l’avidité, l’envie, le manque d’empathie et l’égoisme, le racisme, la xénophobie (méfiance de l’étranger), l’orgueil et la volonté de domination.

Il s’agit bien sûr d’un clin d’oeil aux “sept péchés capitaux” de la tradition chrétienne, formalisés par Thomas d’Aquin au XVe siècle : l’acédie, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie.

 

Extrait du chapître 7 “la rencontre finale” qui évoque le premier poison : l’avidité et la cupidité

 Chère Théa, chers collègues, comme je vous l’ai annoncé, je me suis intéressée à la cupidité et à l’avidité humaines. Comment pouvons-nous ne pas être convaincus qu’elles sont parmi les plus grands poisons de la nature humaine ? Leur rôle est écrasant, cela se passe de commentaires. Maintenant si vous me demandez ce qu’il faut faire pour les combattre, je suis bien embarrassée pour vous répondre. La cupidité et de l’avidité ne sont-elles pas des caractéristiques qui ont largement participé au succès planétaire de l’espèce humaine ? N’est-ce pas une caractéristique biologique commune à toutes les espèces que de vouloir amasser des richesses et des biens matériels, une manière de se prémunir contre les hasards de la fortune, contre d’éventuelles périodes à venir moins favorables ? Tous les animaux ne sont-ils pas également cupides et avides lorsque leur environnement leur permet de l’être, ne cherchent-ils pas aussi à faire les plus grandes provisions de nourriture, les mâles n’essaient-ils pas d’avoir le plus de femelles ? Beaucoup d’Hommes pensent que les comportements humains actuels sont une conséquence logique et inéluctable des lois de la nature, mais les lois de la nature ont été fixées par vous, Théa, n’est-ce pas ? .

Oui, mais n’oubliez pas, répliqua Théa : la différence c’est que, en parallèle au développement de leur intelligence, je leur ai donné un sens moral et ils doivent savoir faire la différence entre ce qui est requis pour la simple satisfaction de leurs besoins fondamentaux et ce qui relève de la recherche du confort, du superflu, du luxe, du plaisir gratuit, du pouvoir. Les animaux ne sont pas cupides et avides, ils suivent simplement leur instinct de survie et agissent dans l’intérêt de leur espèce. Mais les comportements extrêmes de certains humains, – je dirais même déviants –, ne participent pas au succès de l’espèce humaine, ils constituent en fait une menace pour elle, car ils créent des frustrations, des inégalités au sein de leurs sociétés.

Ils participent grandement à la fragilisation de l’édifice social, comme vous l’avez déjà bien analysé. Les humains doivent devenir raisonnables, sobres, et se détacher de cette fausse valeur qu’est le désir d’accumuler les richesses et l’argent.

Théa, bien d’accord, mais ne devez-vous pas aussi agir sur la nature humaine profonde pour bannir ces comportements déviants ?

Une cause majeure de la crise climatique

Il s’agit bien sûr d’un sujet qui trouve un écho particulier dans le débat actuel sur le risque climatique, et la nécessité qu’ont les hommes d’adopter des modes de consommation beaucoup plus sobres. Ainsi que sur la remise en cause du capitalisme mondial avide et cupide qui est sans aucun doute parmi les causes majeures de la situation actuelle de la planète.

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