épuisement des matières premières non renouvelables


Il est assez facile de comprendre que le rythme de consommation des ressources non renouvelables de la terre, et donc leur épuisement à plus ou moins court terme, sont liés directement à deux facteurs qui se conjuguent : en premier lieu, la consommation unitaire moyenne de chaque individu, et en second lieu, le niveau de population mondiale, puisque la consommation mondiale est le résultat de la multiplication, au sens arithmétique du terme, de ces deux facteurs.

 Un exemple parmi d’autres : le carbone

Prenons la consommation de matières carbonées fossiles (charbon, gaz, pétrole) depuis le début du XXIe siècle, dans la période 2000-2018. En l’an 2000, il y avait 6 milliards d’humains et la consommation mondiale de combustibles fossiles, en tonnes équivalents pétrole, était de 9 milliards de tonnes. En l’an 2018, il y avait 7,6 milliards d’humains et la consommation mondiale de combustibles fossiles était de 13,5 milliards de tonnes.

La consommation individuelle de matières carbonées fossiles par habitant de la Terre était donc de 1,50 TEP (tonne  équivalent pétrole)  (=9/6) par an en 2000, et de 1,78 TEP (=13.5/7.6) par an en 2018, ce qui représente une augmentation de plus de 18 %. Quant à la population mondiale, elle a augmenté de 27% (1,6/6) dans la même période.

En résumé, l’augmentation de 50 % de la consommation totale de matières carbonées fossiles (augmentation de 9 à 13,5 milliards de tonnes équivalent pétrole) entre 2000 et 2018 peut donc se décomposer en +18 % pour l’augmentation de consommation moyenne par habitant et +27 %, pour l’augmentation de la population.

Et l’on pourrait donner beaucoup d’autres exemples de consommations de matières premières non renouvelables, qui iraient tous dans le même sens et mettraient en lumière le rôle majeur de ces deux facteurs. Je reviendrai dans un autre article sur le deuxième facteur, c’est-à-dire la population mondiale et son explosion depuis quelques décennies.
Concentrons-nous ici sur la première cause. Les manières de réduire cette consommation individuelle de carbone fossile, nous les connaissons tous, et il n’appartient qu’à nous à les mettre en œuvre. Cela passe par la réduction de la consommation d’énergie sous toutes ses formes, et par la réduction de la part des énergies fossiles dans le mix énergétique. Je n’y reviens pas.

Faire plus dans les pays riches.

Le point sur lequel je voulais insister est qu’il est réaliste de considérer que l’augmentation de consommation dans les pays pauvres ne va pas disparaître dans les décennies à venir puisqu’elle traduit en fait le rattrapage économique, la sortie de la misère et de la pauvreté pour une grande partie de leurs habitants, et l’émergence d’une classe moyenne dans ces pays. On peut certes demander à celui qui consomme 1000 de réduire sa consommation de 40%, il lui restera 600 pour vivre, et c’est ce que nous devrons faire dans les pays développés. Mais peut-on demander à celui qui consomme 100 de ne dépenser que 60 ? Non bien sûr, car il  a une exigence d’équité et un besoin légitime de rattrapage. Ce qui signifie que les individus des pays riches devront faire « plus que la moyenne » (par exemple réduire leur consommation à 500), pour que ceux des pays pauvres puissent rattraper une petite partie de leur retard, en augmentant modestement leur consommation de 100 à 120…C’est le prix à payer, par nos autres humains des pays riches, pour obtenir un consensus mondial sur ce sujet si important pour la planète.

Vous pouvez aussi lire sur ce sujet : Le sursaut – chapitre 2« à la racine de tout » – p43-45

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *