Débat chez les écologistes.

Je me suis inscrit récemment au groupe Facebook « Tous Unis avec Nicolas Hulot » (j’aime bien Nicolas Hulot). J’ai pu y lire des prises de position très contrastées de membres du groupe sur l’énergie nucléaire. Ceci montre l’existence d’un débat, et même une véritable discorde au sein des sympatisants écologistes, et j’ai posté ceci le 15 mai :

« Pomme de discorde ou débat apaisé ?

Il y a visiblement plusieurs sensibilités dans le groupe vis-à-vis de l’énergie nucléaire. Pour simplifier : les écologistes historiques viscéralement opposés au nucléaire, et d’autres, souvent des nouveaux venus à l’écologie (dont je fais partie), qui ont une position beaucoup plus nuancée. Ceci au nom du principe de réalité, et la lutte contre le réchauffement climatique qui est le danger le plus urgent.

Est-il possible, dans ce groupe, d’avoir une attitude respectueuse les uns envers les autres, de ne pas se traiter mutuellement de lobbystes ? Et même, espoir ultime, d’avoir un débat apaisé et documenté pour essayer de dégager une position partagée par tous ? Ou allons-nous repartir vers ce qui ressemble à une guerre de religions moderne ? »

La peste ou le choléra

Ce que je laissais entendre par « le danger le plus urgent », c’est qu’il me paraît qu’aujourd’hui, les partis et mouvements écologistes (et pas seulement eux ), au niveau français mais aussi mondial, doivent choisir de manière claire entre :

  • le risque climatique, lié à l’utilisation des centrales à énergies fossiles et aux rejets massifs de C02 qui en sont la conséquence,
  • et le risque d’un accident majeur lié à l’utilisation du nucléaire civil.
 

Donc choisir d’arrêter en priorité les centrales à énergie fossile (charbon et gaz), ou les centrales nucléaires, pour accompagner la croissance des énergies renouvelables décarbonées. Car il faut choisir, chacun sait qu’on ne pourra pas tout arrêter en même temps, tout de suite. Choisir clairement entre la peste et le choléra en quelque sorte. Cette problématique ne se pose d’ailleurs pas vraiment pour la France qui n’a plus de production d’énergie d’origine fossile, et où la question est donc reportée sur la seule énergie nucléaire.

À ma grande surprise ce post eut un grand succès : Plus de 700 commentaires et contributions, certains enflammés.

Du pain sur la planche

À la lecture des 700 commentaires, on se rend compte qu’il sera bien difficile de mettre tout le monde d’accord, ou, de façon plus réaliste, d’éviter des désaccords profonds entre les différentes sensibilités. Trop de plaies saignent encore. Les écologistes historiques reprochent en fait un manque d’authenticité, et même  une forme d’opportunisme calculé, à ces écologistes nouvellement ralliés. Et puis la recherche du consensus suppose que l’on écoute les arguments de l’autre, que l’on fasse l’effort de s’informer aussi complètement que possible, et que l’on accepte de faire évoluer son point de vue. Et là ce n’est pas gagné.

Enjeu politique

Et pourtant il le faudra bien, si la sensibilité écologiste veut parler d’une voix crédible et audible sur ce sujet majeur. Et la question bien sûr ne se limite pas au périmètre franco-français, elle est mondiale. Et, en tant que consommateurs de ces modes d’énergie, nous avons tous un rôle à jouer pour conduire les hommes politiques à faire les bons choix.

Vous pouvez aussi lire ma vision romancée du débat : Le sursaut – chapitre 6 « consommateurs compulsifs » – p112-120

 

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